Bon, la loi de Création et Internet mettant en place la haute autorité Hadopi pour contrôler la diffusion illégale d’œuvres est votée. On va enfin pouvoir passer à autre chose.
Vraiment ?
Certe, le débat autour cette loi a permis à beaucoup de monde de se sensibiliser aux différences entre les anciens systèmes de distribution et rémunération, et ceux d’aujourd’hui à l’âge numérique et internet. Positif aussi que la question de la sécurisation des accès internet (et la responsabilité d’un particulier ou d’une entreprise) va avoir la chance d’être traité plus publiquement, parce qu’on va s’apercevoir que ce n’est pas si simple comme les gens aiment bien croire.
Je sais qu’aujourd’hui, un petit malin qui se pose à côté de chez moi avec un ordinateur portable et les logiciels qui vont bien (la suite aircrack au hasard) peut pénetrer mon wifi en quelques minutes, et utiliser ainsi ma connexion internet. Pour ce qui est de l’association, n’oublions pas que spoofer une adresse MAC se fait en quelques secondes…
Puis Hadopi va permettre de créer des emplois, et en ces temps de crise…
Mais les ennuis vont juste commencer, cependant dans un sens inattendu.
Pour les montrer je vais citer quelques articles qui méritent réflexion :
hadopi le danger (bien) caché
(…) Le danger, en fait sera pour … le gouvernement lui même, et dans une moindre mesure pour les fournisseurs d’accès Internet, et les entreprises. Pourquoi cela ? Les communications très majoritairement chiffrées vont faire passer l’état d’Internet de difficilement contrôlable à totalement incontrôlable, apprécier la nuance. Tous les spécialistes de contre terrorisme cybernétique ou contre pédophilie cybernétique peuvent commencer à chercher un nouveau travail, ils ne servent plus à rien. Avant, comme nous l’avons vu seuls certains chiffraient leur communication, après que l’on est écarté les entreprises, les sites bancaires et e-marchand, il ne restait pas «grand monde » à vérifier, maintenant que toutes les communications sont cryptées, comment séparer le bon grain de l’ivraie ? Impossible.
hadopi : faut-il en avoir peur ?
(…) Comme nombre de spécialistes le criaient à corps et à cri, Hadopi n’est donc que du vent. A l’heure ou la Communauté Européenne envisage de placer l’accès à Internet comme un droit civique (empéchant ainsi la coupure), on ne peut que constater encore une fois que la politique n’a pas conscience des réalités techniques.
De plus, contrairement à ce que certains politiques, ratant ainsi l’occasion de se taire, ont osé dire en public, non seulement demain aucune solution ne pourra lutter contre ce fléau, mais jamais la solution ne sera à jour avec les techniques utilisées par les téléchargeurs illégaux. Déjà des outils de P2P fonctionnent sur du port 443 en SSL, laissant à penser qu’un flux HTTPS classique est en transit. Même en sniffant, le flux sera indéchiffrable par l’équipement d’écouter et le téléchargement illégal ne pourra donc jamais être caractérisé.
A ce jour et en l’état actuel, toute plainte réçue par un Internaute sera une procédure abusive pouvant déboucher sur une plainte auprès des pouvoirs compétents. Si ces plaintes débouchent sur une procédure en justice, nul doute qu’au final toutes les plaintes émises par la méthode Hadopi (pour l’appeler ainsi) sera nulle et non advenues…
Un moyen de contourner Hadopi :
Contourner Hadopi avec les Newsgroups
(…) Principalement visés, les utilisateurs de réseaux Peer To Peer (P2P), comme eMule ou Bittorrent, soupçonnés, quelque soit l’utilisation qu’ils peuvent faire de leur connexion. Si vous faites partie de ces utilisateurs et que vous souhaitez préserver votre vie privée, une solution existe, extrêmement simple à mettre en œuvre.
Cette solution, ce sont les newsgroups, réseau mondial d’échanges, existant depuis près de 30 ans et permettant une sécurité de vos échanges. Ce réseau vous connecte directement aux serveurs de votre fournisseurs newsgroups, vous n’échangez donc pas de données avec les autres utilisateurs (technique utilisée pour contrôler votre usage). Vous pouvez donc utiliser pleinement votre connexion internet via les newsgroups, sans craindre pour votre vie privée, tout en conservant les même usages que les réseaux P2P.
La fatidique question juridique :
La loi Hadopi ne pourra pas être appliquée
(…) D’abord, un article stipule que lorsque l’Union européenne légifère sur un dossier, les États membres doivent s’abstenir d’en faire autant sur le même sujet. C’est précisément ce que nous sommes en train de vivre, avec les votes du Paquet télécoms au niveau européen et de la loi Hadopi en France. Paris n’aurait donc pas dû faire voter cette loi.
Ensuite, un autre article précise que, dans un certain nombre de domaines - parmi lesquels la protection des consommateurs -, la loi européenne doit être appliquée immédiatement. Puisque la loi Hadopi n’est pas conforme au droit européen, la France ne peut pas l’appliquer pour le moment.
HADOPI, mon amie, qui es-tu ?
(…) Une personne ayant déjà été rendue destinataire d’un courriel (la loi ne pose aucune obligation de s’assurer que le courriel a effectivement été reçu, et puis quoi encore ?) et dont l’adresse IP se retrouve dans les six mois à se ballader dans des Criques aux Pirates, dont manquant une nouvelle fois à son obligation de veiller à sa TrucBox comme à la prunelle de ses yeux, recevra un deuxième courrier électronique.
En effet, le premier ayant été inefficace, on va utiliser à nouveau la même méthode inefficace pour voir si cette fois, par hasard, elle ne serait pas devenue efficace. C’est directement inspiré de la technique utilisée pour réduire le chômage en France ces trente dernières années.
Je suis mauvaise langue, car la loi prévoit que ce deuxième courriel peut (peut, pas doit, les critères de ce choix étant laissés à la discrétion de la CPD - Commission de Protection des Droits) être doublé d’une lettre remise contre signature ou tout autre moyen permettant de prouver la réception effective de la lettre (recommandé AR). Cette lettre physique est importante car seule elle permettra d’enclencher la procédure de sanction. Conclusion d’avocat : surtout, n’acceptez pas de signer le récépissé (rien ne vous y oblige dans la loi), et si vous recevez une lettre recommandée de la CPD, ne l’acceptez pas. Vous serez à l’abri des sanctions de la CPD.”
Une approche plus philosophique :
Création, Internet et insultes gratuites
(…)
1- D’un côté, nous avons une industrie culturelle déclinante n’assumant pas le proxénétisme économique et la pandémie infantilisante qu’elle exerce sous le regard de son débiteur. Celui-ci est à la fois une fondation philanthrope de gestion nationale et une entreprise d’import/export.2- De l’autre côté, nous avons une infinité de niches de population n’ayant rien à voir les unes avec les autres, mais faisant front par principe de précaution. Nous prouvant par la même occasion à quel niveau de léthargie se trouvent nos sociétés occidentales pour qu’un luxe devienne une lutte nécessaire.
3- Au centre, se trouve le gros du troupeau qui n’a pas d’avis et fait preuve d’intelligence situationniste ou d’indifférence banale sur ce combat qui est à la fois d’avant-garde et d’arrière-cour.
4- Dans toutes les batailles, il y a des pertes acceptables. Mais comme nous ne prenons plus plaisir à nous salir les mains avec une de ces barbaries ancestrales, les invectives servent de nos jours de courroux médiatique ou de Hit Combo virtuel pour le bonheur des voyeurs générationnels et des lâches éternels.
5- Quand on pratique l’affrontement constant ou la paix commémorative pour occuper son temps, c’est que l’on est plus en mouvement. Alors la guerre civile des flux a-t-elle un sens ?
Ajouté le 29 mai 2009
Hadopi : Les 11 points qui ne passent pas
Mercredi 19 mai, les députés Socialistes, Verts et Communistes, déposaient un recours auprès du Conseil constitutionnel contre la loi Création et Internet. La saisine déposée (pdf), et enregistrée sous le numéro 2009-580 DC, contient onze points d’inconstitutionnalité visant à une censure, totale ou partielle, du texte adopté le 13 mai dernier par le Sénat.
Le Conseil a les moyens de déclarer Hadopi contraire à la constitution
Bertrand Mathieu, directeur du Centre de recherches en droit constitutionnel de l’Université Paris 1 revient sur ce recours.
Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du net
“Le président de la République actuel a un plan“. C’est la première phrase du livre de François Bayrou, Abus de Pouvoir, et l’on peut la vérifier au moins en ce qui concerne le contrôle du net. Depuis la loi DADVSI où il était président de l’UMP et ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy a déployé son plan pour contrôler le net. Il a commencé à l’appliquer avant-même la loi Hadopi, et prévoit de le parachever avec la Loppsi. Dans cet article exceptionnellement long, Numerama tente un décryptage du net selon Sarkozy.
La CNIL critique la loi Hadopi, son président la vote deux fois
Le peu bavard Alex Türk, président de la CNIL, est aussi sénateur.
Hadopi : et si on s’était trompé de bataille ?
La conclusion, c’est que ce n’est pas la culture gratuite qu’il faut défendre, mais les droits du consommateur.
Alors, c’est le début de quoi après vous ?
Tags: Hadopi, P2P, téléchargement, TIC

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